L'Ange (4)

Elle se souvient, cette obsession la ronge. L'enfance. L'enfance? L'Ange cherche désespérément dans ses souvenirs une petite image de son innocence. Il y a des choses qui ne tiennent à rien, des vies qui semblent perdurer grâce à un tout petit fil qui les suspend au monde. L'enfance de L'Ange tient grâce à une vison pittoresque de son innocence. Et cela l'obsède. "Être innocente" se dit-elle dans la profondeur de son autisme. Elle qui avait manipulé la conscience de toute les âmes perdues pour les soumettre à leur propres démons. Elle qui abrutissait les passionnés pour les transformer en junkie de la fascination. Elle qui avait eu une enfance. Une innocence, comme chaque humain de ce monde. Mais quelle toxine avait bien pu se glisser dans le nid de pureté qu'elle avait été? Il y avait eu un phénomène déclencheur pour pousser l'Ange à sortir de sa virginité. Qui l'avait poussé par la suite à corrompre d'autres innocents, à les détruire, comme elle s'était détruite le jour où le monde avait levé son voile.
L'Ange croyait dur comme fer que la vie crasseuse et sincère de la réalité était bien plus plaisante que sa face superficielle. Elle se mit en quête de dévoiler le monde à tous ceux qu'elle aimerait.
Mais au bout de plusieurs tentatives, l'Ange compris que le monde ne cherchait pas à aimer la face cachée de la vie comme elle avait pu l'aimer mais à vénérer l'ange-guide dont ils étaient fascinés.
A défaut de les avoir guidé, elle les avait détruit. Ce fut sans doute ce que la mena à les chérir comme une mère. L'Ange elle-même devenue dépendante prenait leur innocence en échange de son amour.
Quand elle ne fut plus capable de les protéger et finit par en causer la perte, l'Ange se déchue de son statu de maîtresse du vice.
Aujourd'hui victime de son propre attrait elle subit les êtres toxicomanes qui l'exploitent  et suce son infinie aura pour combler un manque évident.