The Dirty Maze

Publié le par Keupone-in-grey

On croise souvent, dans les piètres couloirs de la néo-culture de notre bon pays, quelques défauts qui paraissent discrets aux esprits inattentifs.
Il arrive parfois de rencontrer, au détour de ce grand dédale, une famille bien propre, vivant tout à fait dans l'ère de son temps. On remarque cependant que du prolétaire à la mine ébahie qui vous regarde avec un air perdu au petit bourgeois de campagne, des individus consanguins n'auront pas la même réaction à votre passage. En cherchant une explication à cela, on peut conjecturer la suivante : Peut-être les différences sociales séparent-elles les familles en plusieurs possibilités de raisonnement ? C'est à cette réflexion donnée que l'on se demande si le propriétaire du haras de Champêtre-la Fertile-Campagne-à-l'Avenir-Incertain ne réagira pas plutôt en nous offrant la vision de son air hautin et distingué, traînant à sa suite sa douce épouse, au nez malheureusement recouvert par de tristes bandelettes -la chirugie n'est pas encore esthétique à la troisième semaine de soin-, sa charmante jeune fille -car en effet, le fond de teint Chanel et le jean Levis le permettent- qui pavane son fessier de gauche à droite puis de droite à gauche en arborant un sourire naturellement coincé. Vient encore le petit dernier, celui-ci n'a pas manqué la coupe qui était à la mode de l'été dernier, oui, le truc en boule pour cacher les yeux, tout à fait.

Devant un tel spectacle, on ne peut qu'accélérer le pas de honte, car Messieurs savent qu'ils n'ont aucune chance avec Chanel-Levis, elle est bien trop jeune. De toute façon la présence d'un cas comme vous n'est même pas remarquée par cette si belle famille ; il en faut plus pour gâcher à des personnes aussi soudées le plaisir de se réunir entre-elles lors d'une grande virée chez Zara.

On croisera plus tard un autre cas, qui lui se promène en voiture dans les entrailles d'un labyrinthe si vaste que celui que nous visitons. Plus modeste, plus raisonnable, mais d'une psychose tout aussi poussée, une famille prolo de Champêtre-la Fertile-Campagne-à-l'Avenir-Incertain se conduira tout autrement que la précédente. C'est d'abord Madame qui conduit. Elle s'est installée au volant de sa Peugeot sans faire attention aux nouveLles dégradations dans le siège sur lequel est est assise. Il faut dire qu'après tout ce qu'elle a fait avant de partir, une telle matrone est encline à avoir les idées confuses. On ne pourra que peu lui en vouloir ; il a fallu qu'elle donne à sa petite dernière son biberon de lait déshydraté réhydraté à l'au calcaire et qu'elle l'aromatise d'un peu de poudre de cacao-maigre-19%. Mais avant cela, elle devait en premier lieu arracher des mains de son rejeton, qu'elle a elle-même du mal à reconnaître depuis qu'il à treize ans, un ustensile dangereux et proscrit du règlement intérieur de l'établissement scolaire dans lequel il est inscrit : un couteau à bout rond. De la même manière, elle a dû interdire à sa fille, sa chère et tendre fille, de fréquenter l'homme -de 15 ans- avec qui, mais personne ne doit le savoir -à part 600 collégiens au taux d'hormone anormalement élevé depuis la diffusion de secret story et la réinsertion des OGM dans l'alimentation discount- elle a déjà forniqué quatre fois sur le lit de son frère. Ne sachant pas toujours quoi faire devant de telles situations, la pauvre femme s'en est allée demandé conseil à son humble époux, mais l'Ecran lui est monté à la tête, il ne jure plus que par la défunte Super Nany. A présent la mère ne se désole plus, elle conduit sa petite voiture.

N'est-elle pas belle à voir, les yeux rivés sur nos corps qui ne devraient pas être à l'emplacement souhaité, empêchant le véhicule familial de s'engager dans un nouveau méandre de ce grand dédale ? Ainsi son mari, qui ouvre si bien la bouche qu'on pourrait y passer une sonde de cinq centimètre de diamétre pour mesurer le taux de crédulité présent dans sa cavité bucale, n'est-il pas un homme heureux ?

 

Que nous faut-il pour être heureux, prétencieux observateurs que nous sommes ? Certains se contentent de si peu.

Publié dans Société

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