Rédemption

Publié le par Keupone-in-grey

La pitié - ou le relan nauséeux de ces jours où la grâce a décidé d'épargner les Hommes - guette chacun des humains prêts à pleurer leurs semblables sans même éprouver la moindre tristesse devant leurs corps macabres. Qu'il est important pour un homme de plaindre un autre alors qu'il ne le connaît pas. Qu'il lui parait bon de vouloir se mettre à sa place alors qu'il ne connaît pas la douleur qui le touche.

Lorsqu'un être vivant vient à souffrir, voilà qu'un autre de l'espèce intelligente, dégoûtée de son sort, s'en va louer le ciel pour le repos de la pauvre victime. Alors que cette dernière soigne ses plaies, il faut que son pleureur vienne à son chevet, en fasse un lieu de paix, guérisse les blessures que la la vie a commises. Il se donnera corps et âmes pour ce souffrant, pensant ainsi devenir bon, car toute cette bienveillance est une vertu. Mais que cherche-t-il à obtenir si ce n'est le pardon de ses actes passés ? Nous qui croyons cet homme être quelqu'un d'une rare gentillesse, n'est-il pas venu pour la rédemption, pour l'oubli de ses crimes, pour le blanchissement de ses pêchés ? Ainsi celui qui pleure un être dont il ne partage pas la douleur pour le moin du monde n'est il pas le plus grand des hypocrites ?

Que de femmes qui pleurent les mères de morts-nés, que de pères qui daignent comprendre le sort des castras, que de riches qui font l'aumône, qui donnent peu mais qui croient recevoir beaucoup, que d'enfant à qui ont apprend à s'attrister des malheures des autres.

Nous vivons dans un monde aux visages cachés, aux plaisirs secrets et aux lois criminelles, mais il nous faut aussi supporter les demandes pitoyables de pardon que font les Hommes. Mais si le destin doit nous toucher, alors il nous touchera.

Publié dans Société

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