Le RDV des faux artistes fous

Publié le par Keupone-in-grey

Brèves et hypocrites salutations entre eux. Ils se connaissent sans en avoir l'air, ces messieurs qui viennent d'arriver. Ils échanges leurs bilans, puis leurs idées néo-scandaleuses. Ils se tutoient d'un "vous" très vulgaire, mais pas familier. Un café se sert, puis un autre. Plus serré et plus amer, histoire de se réchauffer, car ces gens là ne dégagent aucune chaleur. Une simple brise froide se promène d'un homme à l'autre. On dit beaucoup de bien, mais on fait tout autant de mal.

On parle encore et encore, au final rien est dit. Ils se prennent pour des artistes fous, avec leurs oeuvres caricaturales, des têtes froissées et ridicules qu'ils portent eux-même et qu'ils exposent à toutes les galeries médiatiques. Quel art de mauvais goût, et pourtant on y a tout le temps droit. Pas le choix, si on veut sauver sa peau dans ce monde, il faut bien s'y intéresser. Ah mais attention, car si on s'y colle trop, on se brûle les ailes. Il n'y a qu'eux pour être protégés, derrières leurs drapeaux naïvement levés. Certains chiens boitent mais ces molosses grognent tous en coeur, ah les saligauds! Pour qui nous prennent-ils dans leur salon deauvillais? Pour des abrutis bien rodés qui tournent en engrenages lubrifiés par les flots déchaînés de nos chaînes divertissantes. Croyez-vous avoir de quoi payer les études de vos enfants avec leurs subventions dérisoires? Leur donner un professeur compétant dans une classe de petit effectif? Mais les intellectuels, ils sont la peste, la gale, le poison de la république! Grâce à eux, on critiques ces beaux artistes, spéculateurs copieusement enrichis qui se vêtissent de costument amincissants pour masquer le gras de leur appétit sanguinaire. 

Ne vous voilez pas la face, le G8 est une mise en scène pitoyable.

 

"Ce qu'il y a d'enivrant dans le mauvais goût, c'est le plaisir aristocratique de déplaire." Charles Baudelaire.

Publié dans Société

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